Si Monaco n’a pas beaucoup recruté Frédéric Piquionne assure que l’ASM est suffisamment armée

Par Sport Magazine, jeudi 26.07.2007 à 17:00

FREDERIC PIQUIONNE, le scénario de la saison passée vous laisse-t-il encore des regrets ?

F.P. : Bien sûr que ça nous laisse des regrets. Le problème c’est que, quand tu démarres mal la saison, c’est très difficile de rattraper les points par la suite. Même si on a mal négocier certains matches, surtout à domicile pour rattraper les places européennes parce qu’il y avait la place. On était dernier au mois de décembre et on finit quand même à la 9e place en fin de saison, c’est plutôt positif. On a fait une grosse fin de saison et on va essayer de repartir sur ces bases. En plus, l’effectif n’a pas trop changé. On se connait tous. Mais il va falloir ne pas répéter les erreurs de l’an passé en réussissant un début de championnat tonitruant.

Cette saison, avec un groupe quasi-inchangé, quel est le potentiel de l’ASM ?

F.P. : On ne va pas le cacher, on veut terminer au moins européens cette saison. Le groupe est assez serein et bon pour le faire. Maintenant, il va falloir beaucoup travailler et être concentré toute la saison. Le coach et les dirigeants nous l’ont dit, les joueurs le pensent aussi : on a envie d’effacer le Monaco des deux dernières saisons pour retrouver rapidement le haut du tableau.

Cet été, Ricardo est arrivé au poste d’entraîneur. Comment se passe sa prise de pouvoir ?

F.P. : Ça se passe très bien. C’est un entraîneur qui a envie de remettre Monaco sur de bons rails et de proposer un jeu attrayant en marquant des buts sans en prendre. Je pense que c’est une bonne solution et le groupe a envie de bosser pour y arriver. On a beaucoup parlé de son jeu très défensif mais à chacun son effectif. A Bordeaux, c’était peut-être comme ça mais ce sera autre chose à Monaco. En tout cas, pour l’instant, on insiste beaucoup à l’entraînement sur la partie tactique et l’importance de jouer vers l’avant. Nous, on a envie de montrer qu’on possède de très bonnes armes offensives et tout faire pour marquer plein de buts cette saison afin de retrouver le haut du tableau.

Il va tout de même falloir digérer les départs de Gaël Givet et Yaya Touré. Ce sont deux coups durs…

F.P. : Je ne pense pas. Gaël (Givet) a été remplacé dans l’axe par Sylvain Monsoreau qui était déjà au club. Ils voulaient tous les deux jouer au même poste donc, que l’un des deux parte, ça n’était pas normal mais c’était en tout cas le souhait des dirigeants. Quant à Yaya Touré, il y a aujourd’hui des joueurs dans notre effectif qui peuvent tenir ce rôle. A part ça, la priorité était de trouver un arrière gauche et on l’a (Jérémy Berthod, ndlr). Donc, pour moi, l’effectif de Monaco est assez complet pour effectuer une belle saison.

Donc vous n’espérez pas d’arrivées avant la reprise ?

F.P. : Si j’espère des arrivées, moi je ne sais pas. Ce sont les dirigeants qui gèrent ce genre de choses. Ce que je sais, c’est que l’on a un groupe assez armé, le même que l’année passée, pour faire la meilleure saison possible et terminer dans le haut de tableau. Et puis il y aussi d’excellents jeunes à Monaco. Certains ont déjà joué, à l’image de Jérémy Menez qui reste un jeune en devenir. Cette année, d’autres pourraient avoir leur chance. Et je pense que certains jeunes vont exploser à Monaco cette saison. Je pense par exemple à Juan Pablo Pino qui est arrivé l’année dernière, Djamel Bakar, Massamba Sambou… et Serge Gakpé qu’on a tendance à oublier mais qui fait toujours partie de l’effectif.

A titre personnel, quel bilan tirez-vous de votre arrivée à Monaco ?

F.P. : Un bilan quand même assez positif. Même si ça a été un peu plus difficile pour moi sur la fin de saison parce que j’avais vécu une année un peu difficile avec un départ tumultueux de Saint-Etienne. En avril, il y a eu l’équipe de France puis les blessures. Ce sont des choses qui n’étaient pas en concordance avec ma fin de saison. Après ma blessure, j’en ai aussi profité pour me reposer afin de bien enchaîner les quelques matches qu’il me restait et terminer la saison sur une bonne note. Mais cette arrivée à Monaco m’a fait du bien et aujourd’hui je pense être suffisamment armé pour réussir une belle saison. J’espère repartir sur de bonnes bases. Etre régulier et décisif pour mon club.

En quelques mois sur le Rocher, avez-vous l’impression d’avoir progressé ?

F.P. : Oui. Il y a de très grands joueurs à Monaco, notamment beaucoup d’internationaux donc on a envie de progresser à l’entraînement. J’espère que je progresserai encore avec Ricardo cette saison pour être le meilleur possible. Mais mes objectifs sont ceux du club, c’est-à-dire faire partie des meilleures équipes du haut de tableau. En termes d’objectifs personnels, j’espère simplement marquer le plus de buts possibles. Mais si je ne marque que dix buts et qu’on termine à la 2e place du championnat, ça m’ira très bien (Rires) !

Et, après avoir déjà été appelé une fois, vous devez penser à l’équipe de France à un an de l’Euro ?

F.P. : Non, même pas. L’équipe de France, je n’y pense pas pour l’instant. Ça viendra après. Pour le moment, je suis vraiment focalisé sur le championnat avec mon équipe. L’équipe de France, ça viendra si Monaco est en haut de tableau et que je suis performant. Y être ou pas, ça n’est pas du tout mon objectif. A un an de l’Euro, il y a un coup à jouer mais comme pour tous les attaquants du Championnat de France. Pour cela, il faudra que je sois décisif en club.

Le fait de ne pas disputer de Coupe d’Europe peut-il être un handicap ?

F.P. : Non… Enfin, je ne sais pas. Les choix se font par les performances, les statistiques. Plus mes stats seront bonnes, plus j’aurais de chances d’y être. Après, c’est un choix du sélectionneur et il faut le respecter.

Finalement, pensez-vous que Monaco était le meilleur choix ?

F.P. : Oui ! Avec le recul, je suis persuadé que Monaco était le meilleur choix. Je savais très bien qu’il y avait un énorme potentiel ici et qu’on pouvait faire une grosse équipe et une belle saison à tout moment. L’an passé, j’avais le choix entre Lens et Monaco et j’ai préféré venir ici, justement pour enchaîner cette saison avec eux. En tout cas, j’espère de tout coeur que cette saison sera la nôtre et que ce sera aussi la mienne.

Avez-vous l’impression que les conditions de votre départ de Saint-Etienne ont terni votre image ?

F.P. : Je n’en sais rien. Que ce soit lors du mercato d’hiver ou du mercato d’été, il y a plein de joueurs qui veulent changer d’air parce qu’il y a de meilleures propositions. Moi, je n’avais pas compris pourquoi ça avait pris une telle dimension. Mais, à un certain âge (Piquionne a 28 ans, ndlr), il y a des trains qui ne passent qu’une seule fois et il faut les prendre. Maintenant, il y a eu cet épisode et je n’ai pas envie de m’attarder là-dessus. Simplement, j’espère que ça ne se passera pas comme ça les prochaines fois.

D’ailleurs, Monaco disputera son premier match de la saison contre Saint-Etienne. C’est un petit clin d’oeil ?

F.P. : Non, ça n’est pas un clin d’oeil. Ce sera simplement un match qu’il faudra impérativement gagner pour bien enchaîner sur la suite de la saison. J’espère qu’on sera prêt. En tout cas, on sera tous motivés pour ce premier match, que ce soit Saint-Etienne ou autre équipe. Mais ça ne sera pas un match spécial. Il n’y aura pas de nostalgie ou quoi que ce soit. Comme je l’ai toujours dit, je n’ai jamais rien contre les supporters ou les joueurs avec qui j’ai évolué. Je me suis seulement embrouillé avec les dirigeants, c’est tout.

Que pensez-vous de la situation actuelle de l’ASSE ?

F.P. : Ils ont fait un recrutement assez important donc il faut que la mayonnaise prenne. Mais on les a joué en match amical et on a vu qu’il y avait déjà une belle mayonnaise (défaite 2-0). Après, ce qui se passe autour de Bafe (Gomis) ou de Camara, c’est comme ça. Il faut respecter leur choix. L’été a été agité… mais c’est Saint-Etienne !

Eurosport – Propos recueillis par Anthony PROCUREUR

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