Laurent Blanc a pris la mesure de son nouveau métier

Par Sport Magazine, mardi 24.07.2007 à 17:08

Un mois et demi après sa prise de fonctions à Bordeaux, Laurent Blanc a déjà pris la mesure de son nouveau métier d’entraîneur. S’il ne se fait « pas d’illusion » et sait qu’il ne sera jugé que sur les résultats, l’ancien international français assume, en espérant donner et prendre du plaisir.

LAURENT BLANC, comment se passe cette nouvelle vie d’entraîneur ?

L.B. : Je vis très bien. On se prépare du mieux possible. Le stage d’avant-saison à Anglet s’est bien passé car les garçons ont bien répondu aux charges de travail. Nous sommes ensuite revenus à Bordeaux. Le dernier stage va être réalisé avec un groupe plus resserré qui va préparer la saison prochaine avec beaucoup d’envie et, j’espère, beaucoup de résultats.

Sentez-vous dans votre entourage une forme d’impatience ? On a l’impression que les gens sont pressés de vous voir à l’oeuvre et de découvrir la « patte Laurent Blanc »…

L.B. : (rires) Je ne sais pas. Peut-être. Quand un nouvel entraîneur débute, les gens attendent de voir sa philosophie de jeu. C’est peut-être ce que l’on attend de moi. Mais ce qui m’intéresse est de travailler avec mon groupe, de les faire adhérer tant au niveau physique, du jeu et technique. Pour le moment, tout se passe bien.

Vous nous parlez de philosophie. Quelle est celle de l’entraîneur Laurent Blanc ?

L.B. : Le plus haut niveau, c’est être rigoureux, discipliné et être efficace. Si l’on peut avoir ces trois qualités en y ajoutant le plaisir et le beau jeu, on sera tous heureux. Mais je ne me fais pas d’illusion. De temps en temps, lorsque l’on vivra des périodes difficiles, il faudra se resserrer au niveau de la rigueur et peut-être se montrer moins beau à voir jouer pour être efficace. En ce qui me concerne, je ne prétends pas inventer des choses ni avoir la science infuse. Ce qui m’intéresse est de produire du jeu même si je sais qu’on ne pourra pas toujours le faire car on tombera sur un adversaire meilleur que nous ou qui se regroupera et nous empêchera de produire du jeu. Il faudra prendre en considération toutes ces choses. Mais si l’idée directrice est celle-ci…

Florian Marange a confié s’éclater à l’entraînement avec vous. Cela doit faire plaisir ?

L.B. : J’ai été joueur il n’y a pas si longtemps. La période actuelle est délicate car il y a une grosse charge de travail. Il faut le reconnaitre. Mais comme je l’ai dit aux garçons : « On est devant une pompe à essence, on essaie de remplir le réservoir et la réserve en même temps. » Le matin, les séances ont été plus lourdes à supporter mais l’après-midi, on leur a proposé des jeux intéressants que ce soit pour les défenseurs ou les attaquants. S’ils ont pris du plaisir, nous aussi. Donc tout va pour le mieux. Ils sont au courant que ce n’est peut-être pas la meilleure période pour s’éclater mais si tout le monde est prêt physiquement on pourra le faire sur le terrain. Chacun pourra amener ses qualités et ses caractéristiques différentes. A l’entraînement, les garçons ont bien compris que ce qui m’intéressait est de produire du jeu et de faire en sorte qu’il y ait beaucoup d’affinités sur le terrain. On travaille pour cela. Les garçons sont réceptifs et c’est donc intéressant mais c’est un travail de toute l’année, il ne faudra jamais croire que c’est arrivé. Et si jamais on n’y parvient pas, il faudra toujours croire que l’on peut y arriver.

Il y a deux semaines de cela, on a senti une petite dissonance entre vous et votre président, Jean-Louis Triaud, au sujet du recrutement…

L.B. : Non, pas du tout. (Il se reprend) Enfin pas du tout…

Vous sembliez pressé de constituer votre effectif ?

L.B. : Ce n’est pas qu’on est pressé ni impatient mais je suis un technicien et j’ai envie de travailler avec mon groupe, c’est tout. Tout le monde peut le comprendre. Si c’est de l’impatience… Il y a une saison qui commence le 4 août et on n’est pas obligé de recruter le 3 août. J’ai fait certaines déclarations qui n’ont pas été méchantes. Elles n’étaient même pas en direction de monsieur Triaud car on passe des heures et des heures ensemble au téléphone. On mange même parfois ensemble pour faire avancer les dossiers. On travaille et on est tous conscients que l’on a un recrutement judicieux à réaliser. Mes paroles, c’était juste pour dire que si l’on pouvait accélérer les choses, ce serait bien.

Vous semblez avoir été entendu puisque vous obteniez quelques jours après la signature de David Bellion. Il a même marqué lors de son premier match…

L.B. : Oui, c’est bien. Je crois que même si nos priorités restent les mêmes, on avait le désir de s’attacher les services d’un attaquant qui prenne la profondeur. Sur le marché français, il n’y en avait pas des tonnes et sur le marché étranger, cela coûte des fortunes. Lorsqu’on a eu l’opportunité David, j’ai sauté dessus car c’est un garçon qui a beaucoup de potentiel. Il ne l’a pas encore démontré totalement mais avec beaucoup de travail technique, de la confiance, je pense que cela peut être un beau challenge pour lui et une très bonne opportunité pour les Girondins de Bordeaux.

Vous parliez de vos priorités mais on a également vu le nom de Laurent Robert qui attendait une proposition de Bordeaux. Avez-vous des précisions à ce sujet ?

L.B. : Non, pas de précision nouvelle. Il y a des priorités dans le recrutement. On essaie avec le président d’avancer sur les dossiers importants (ndlr : un défenseur central). Après, il sera peut-être temps de se pencher sur d’autres dossiers.

Les Girondins de Bordeaux ont terminé à la sixième place la saison dernière. Quel est l’objectif du club en 2007/2008 ?

L.B. : Comme je l’ai dit en conférence de presse, je pense qu’il faudra fixer les objectifs lorsque le recrutement sera fini. Ça ne sert à rien d’annoncer les choses sans connaitre son groupe définitif. Il est évident que les Girondins de Bordeaux se doivent d’afficher certaines ambitions, j’espère qu’elles seront à la hauteur de nos moyens.

Et d’un côté personnel, vous fixez-vous un objectif pour votre première saison en poste ?

L.B. : Non… non. Vous savez, je suis venu dans ce métier car j’en avais envie au fond de moi-même. Comme je l’ai dit, je n’avais envie de le faire n’importe où. Ça peut paraître prétentieux de ma part mais je l’assume. J’ai confirmation depuis que je suis en poste que c’est un métier très difficile. Que c’est un métier qui demande beaucoup d’énergie car l’entraîneur est un pion important dans un club surtout dans le domaine technique. Et le problème est que l’on juge son travail seulement sur les résultats. C’est très dévalorisant si j’ose dire car il a des millions de choses à faire et on ne le juge que sur un score nul, une défaite ou une victoire. C’est comme ça… Je le savais avant, j’en ai confirmation. C’est un métier très difficile je le répète, mais très intéressant et excitant à la fois. Je suis venu pour essayer de prendre du plaisir, d’en donner aux joueurs. Si les deux sont réunis, je pense que les résultats seront au bout.

Eurosport – Propos recueillis par Maxime DUPUIS

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