Sandy Casar a échoué à la deuxième place sur une étape du Tour de France

Par Sport Magazine, jeudi 19.07.2007 à 10:48

Ca tient à quoi le bonheur? A rien. 72 millimètres séparaient mercredi en fin d’après-midi Cédric Vasseur de Sandy Casar sur la ligne d’arrivée à Marseille. Sept centimètres pour une immense joie d’un côté, et une frustration au moins aussi importante de l’autre. Dans ce duel 100 français finalement assez rare sur le Tour pour le gain d’une étape, Casar a tenu le mauvais rôle. Une fois encore. En 2005, à deux reprises, le Francilien avait connu cette mésaventure, à Digne et au Puy-en-Velay. Par un curieux effet de miroir, à Digne, il avait déjà terminé derrière un Français, David Moncoutié et Patrice Halgand avait pris la 4e place, exactement comme sur le Canebière mercredi…

Cette fois, il est passé plus près encore. Il a simplement eu le tort de réagir avec une fraction de seconde trop tard au démarrage de Vasseur aux 250 mètres. A l’arrivée, Casar avait évidemment du mal à masquer sa frustration. « C’est rageant, soupire-t-il. Un sprint comme celui-là, c’est une loterie. Si on le refait plusieurs fois, il y aura des vainqueurs différents. Malheureusement, j’ai toujours un petit problème à une jambe. Du coup, je manque un peu de puissance. » Les sept centimètres sont probablement là.

Gayant: « Il a bien rebondi »

En même temps, la victoire de Casar aurait eu des allures de petit hold up. Dans cette échappée de 11, il n’était pas, le plus fort. « C’est vrai, j’étais un peu juste par rapport à Voigt ou à Halgand, qui était très fort visiblement », avoue le coureur de la Française des Jeux. Dans la dernière difficulté, le col de la Gineste, il a d’ailleurs décroché sur l’accélération de son compatriote, avant de revenir à la faveur d’une partie plus roulante. « Sandy savait que ses quatre compagnons d’échappée étaient plus forts que lui, confirme Martial Gayant. Il a suivi en évitant de s’exposer. Son truc, c’était de jouer sa chance au sprint. » Le coup n’est pas passé loin.

Le directeur sportif de la Française de Jeux, dans son rôle, essayait de son côté de prendre un peu de recul par rapport au résultat brut. Casar n’a pas gagné, mais il a montré du caractère, après plusieurs journées très difficiles dans les Alpes. « Je pense qu’il a épaté tout le monde, juge Gayant. Il a bien rebondi après les Alpes. En 24 heures il passe du gruppetto à la lumière. Par rapport à là où il en était hier, cette deuxième place est une victoire. » L’intéressé sourit, mais peine à s’en convaincre. « Le plus important, c’est la victoire. C’est même la seule chose qui compte sur une épreuve comme le Tour. Quand on se fait battre, cela veut dire que l’on a commis une erreur. »

A l’instar d’un Sylvain Chavanel, de la même génération que lui, Sandy Casar semble encore chercher une forme de déclic à 28 ans. Après sa 6e place dans le Giro, l’an dernier, il a cru qu’il pourrait jouer un rôle au général sur le Tour. Il a fait le deuil de cette idée. Reste à aller chercher des bouquets, réussir des coups. « Le problème, explique notre consultant Jacky Durand, c’est que des garçons comme Casar n’ont pas la culture de la victoire. Ils n’ont pas l’habitude de gagner. Cette culture là leur manque terriblement quand ils se trouvent en position de s’imposer. » Malgré la fatigue, pas sûr que Sandy Casar ait trouvé facilement le sommeil mercredi. Sept centimètres viendront hanter ses prochaines nuits.

Eurosport – Laurent VERGNE

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