Christophe Moreau (AG2R) a subi la course mardi dans le Galibier

Par Sport Magazine, mercredi 18.07.2007 à 10:43

L’euphorie est retombée. L’étape de Tignes, dimanche, avait fait naître un fol espoir. Christophe Moreau, impressionnant de facilité lors de la 8e étape, au point que certains de ses rivaux le désignaient comme le favori du Tour, pouvait-il succéder à Bernard Hinault, dernier vainqueur tricolore? 48 heures plus tard, à Briançon, l’enthousiasme n’est plus tout à fait le même. Le Galibier est passé par là. Certes, au plan comptable, le Français n’a rien lâché, ou si peu, sur le final. Le voilà sixième du général, à seulement 43 secondes d’Alejandro Valverde, deuxième et à 3’18 » du maillot jaune, Michael Rasmussen.

Alors? Alors il y a cette impression très mitigé laissée par le Belfortain sur les pentes du col mythique des Alpes. Lorsque Valverde a déclenché les hostilités à sept kilomètres du sommet, Moreau a affiché ses limites du jour. Il a effectué le reste de l’ascension au bord de la rupture par rapport aux ténors, revenant puis décrochant à chaque nouvelle accélération. « Ce n’était pas le jour idéal pour moi, a-t-il avoué à l’arrivée. Je voulais me mêler à la bagarre dans le Galibier, mais je redoutais aussi de souffrir au lendemain de la journée de repos ». Ce fut le cas, à l’évidence.

Besoin de soutien

Finalement, Moreau a vécu une journée exactement inverse de celle de dimanche, où il avait flambé, mais aussi manqué de discernement dans ses attaques. Mardi, au contraire, il n’a pas eu les jambes, mais a su utiliser sa tête. « Par expérience, raconte le Franc-Comtois, je savais que je pouvais connaître un coup de moins bien et j’ai vite compris qu’il faudrait que je me batte dans cette étape qui était très dure et qui a été très rapide.  » L’expérience a parlé. C’est cela aussi le Tour, il faut savoir gérer les moments difficiles. » Il espère donc avoir connu son jour sans, auquel ca sil aura vraiment bien limité les dégâts.

Problème pour Moreau, ses limites dans l’exercice du contre-la-montre ces dernières années annoncent un probable recul dans la hiérarchie samedi à Albi, théâtre du premier chrono du Tour 2007. Pour le voir en jaune à Paris, hypothèse qui relève encore aujourd’hui du fantasme, il aura besoin de dynamiter le peloton dans les Pyrénées. En sera-t-il vraiment capable? Pour l’heure, il se contente de dresser un premier bilan. Il le juge satisfaisant, à juste titre. « Je suis satisfait de ma traversée des Alpes. Maintenant il y a la plaine avant les Pyrénées et le bilan est bon « , dit-il.

Un scenario raisonnable situe toujours le numéro un français entre le podium, hypothèse favorable, à une place dans le Top 10. Soit sensiblement la même fourchette qu’au départ de Londres il y a dix jours. L’écart entre les deux tient à la question suivante: verra-t-on le Moreau de Tignes ou celui de Briançon dans les Pyrénées? Dans les deux cas, il aura aussi besoin d’une équipe plus présente que ces derniers jours. John Gadret, très décevant, n’est pas le lieutenant espéré. Heureusement, Stéphane Goubert a retrouvé des couleurs mardi. Il pourrait s’avérer précieux. En attendant, Moreau a toujours le droit d’y croire. C’est déjà beaucoup.

Eurosport – Laurent VERGNE

Iconic One Theme | Powered by Wordpress